Véronique Martin

On sent que les piétons dérangent, comme un usager de seconde classe, les piétons restent une source de frustration pour eux.

Véronique Martin - Gatineau, Vieux Aylmer

Campagne Tous Piétons! 2016

Rencontre au Parc Commémoratif de la rue Principale d’Aylmer

Véronique a choisi le Vieux-Aylmer, car on peut y vivre à échelle humaine, à l’échelle du piéton. Personne ne peut nier l’attraction qu’exerce ce coin de la ville sur ses passants: qui ne voudrait pas y marcher, y habiter, y vivre? Bien que Véronique ait arpenté le secteur de long en large, tous les chemins mènent irrésistiblement vers la rue Principale avec en point d’orgue: le Parc Commémoratif. Aux yeux de Véronique, ce carré de verdure est bordé des plus belles pièces du patrimoine bâti local. Meublé de son monument dédié aux plus braves, de ses fontaines, de ses beaux grands arbres et ses lampadaires au design élégant, l’endroit est tout simplement invitant. À cet endroit magique, c’est à la fois le début et la fin d’une aventure. À la fois la destination et l’étape d’une marche planifiée ou rapidement formulée: “ce point de convergence au centre d’Aylmer est un corridor de passage pour plusieurs résidents du coin, mais également un place publique exceptionnelle et sobre qui invite à l’interaction sociale”.

Ici, le temps s’arrête, les enfants peuvent laisser libre cours à leur imagination et les parents en profiter. On y trouve toujours des gens. On s’y échoue allègrement, on y flâne délibérément. Véronique considère que “des plus jeunes esprits au plus sage penseur, c’est l’un des rares endroits en ville où tous les âges y trouvent leur compte”. Comme lorsqu'Alice est tombée au pays des merveilles, Véronique plonge dans le sentier du sensoriel. Va-t-on s’y faire bercer par une guitare en soliste ou en harmonie? Se faire surprendre par des dessins de craie d’enfant ou une exposition des artistes du coin? Également hautement symbolique pour Véronique, ce lieu met les piétons en valeur. Dans ce lieu public, ils sont le centre de l’action, dans un quartier accessible, mixte, où il fait bon vivre, voir et échanger avec d’autres citoyens. Pour elle, c’est autant un lieu de rassemblement, qu’un endroit où vivre une expérience « urbaine » agréable.

Ailleurs, aux côtés des voitures omniprésentes “on sent que les piétons dérangent, comme un usager de seconde classe, les piétons restent une source de frustration pour eux“. En sortant du parc, elle revient alors dans la réalité du tout-à-l’auto, une guerre qu’elle mènera jusqu’à ses derniers pas, car Véronique croit à un avenir plus humain, moins béton.