Olivier Roy-Baillargeon

Une ville où les plus jeunes et les plus vieux marchent est un milieu de vie sain, sûr et propice à l'épanouissement tant individuel que collectif

Olivier Roy-Baillargeon - Montréal

Campagne Tous Piétons! 2016

Notre rencontre avec Olivier

En quelques lignes, dites-nous qui vous êtes? 

Je suis Olivier Roy-Baillargeon, chercheur postdoctoral Banting en urbanisme à l'Université de Waterloo. Je demeure dans la Petite-Bourgogne, à Montréal. J'utilise la course à pied comme mode de déplacement actif et d'entraînement pour les marathons et les ultramarathons auxquels je participe. Mes recherches portent sur les conditions de succès de l'aménagement de milieux de vie compacts, mixtes, axés sur les transports collectifs et conviviaux pour les piétons, les coureurs et les cyclistes de tous âges.

Pourquoi c’est important pour vous de contribuer à l’amélioration des aménagements piétons?

Meilleurs sont les aménagements piétons, meilleurs sont les taux d'utilisation de modes de déplacements actifs par les enfants et les aînés. Une ville où les plus jeunes et les plus vieux marchent est un milieu de vie sain, sûr et propice à l'épanouissement tant individuel que collectif. Plus les gens se sentent en sécurité de marcher, plus ils sont susceptibles de le faire. Plus ils marchent, plus ils améliorent leur santé et celle de leur communauté. Améliorer les conditions de déplacement pour les piétons, les coureurs et les cyclistes de tous âges est la clé du renversement du cercle vicieux de la dépendance automobile et du façonnement des environnements bâtis par et pour la voiture individuelle.

Quels sont les plus grands enjeux/difficultés vécus par les piétons dans votre ville (ou au Québec en général)?

Ils sont considérés comme des citoyens de second ordre, des quantités négligeables, des anomalies statistiques et des marginaux involontaires par la plupart des autorités publiques, des médias et des automobilistes. Ils sont perçus comme des intrus dans un espace public aménagé dans le seul souci d'assurer la rapidité et la fluidité des déplacements des voitures. Même au sein des quartiers les plus denses de la province, ils sont abandonnés à des trottoirs excessivement étroits et fréquemment obstrués sans raison, à des traverses d'artères dangereuses et expéditives qui ne respectent ni leur besoin de sécurité ni leur vitesse de marche ainsi qu'à des environnements bâtis hostiles à leur présence et générateurs d'exclusion.

Quelle serait pour vous la plus grande victoire pour les piétons au Québec?

Que le Code de la sécurité routière devienne le Code de la rue et que le principe de hiérarchie de ses usagers en fonction de leur vulnérabilité et du niveau de durabilité de leur mode de déplacement place les piétons au sommet de la pyramide, suivis dans l'ordre par les cyclistes, les utilisateurs des transports collectifs et, enfin, les automobilistes.

Pourquoi vous marchez?

C'est ma façon de m'approprier ma ville, de participer à sa dynamisation, de me garder en forme et de donner l'exemple en forçant les élus, les planificateurs et les automobilistes à s'habituer à notre présence, à prendre en considération nos droits et à changer de mentalité à l'égard du transport et de l'aménagement.

Quel est votre endroit favori où marcher?

Toute rue dotée de trottoirs et bordée d'arbres, de bâtiments attrayants et d'espaces publics accueillants le long de laquelle la circulation automobile est apaisée et où les déplacements à pied ou à vélo sont encouragés par des aménagements sécuritaires.